Aimer

Hélène Matte

Aimer,   Aimer Ouin ben c’est pas tout d’aimer
Il faut savoir comment.
Aimer comme un artisan rendre précieuse toute matière,
être l’orfèvre du désir mettre le corps en lumière.

Aimer comme un clandestin au péril d’être découvert
emprunter des identités empruntées
Aimer en mécanicien, avoir tous les outils être expert en engins mais  charger trop cher

Aimer comme un soldat obéissant aux cris voulant sauver le monde,
mais ailleurs que chez lui
Aimer comme un concierge. Torcher tous les dégâts de ceux qui croient aimer mais qui ne s’aiment pas.

Aimer comme un chef qui cuisine et apprète les délices qui font naître les goûts ou les dégoûts.
Aimer comme un athlète qui prend des suppléments qui va péter au frette mais  performe peu importe.
Aimer comme un jaloux qui cache tous ses avoirs qui soupçonne les coups que lui-même se donne.
Aimer comme un artiste qui projète son ego sur tout autre complice qui accepte son lot.
Aimer comme un novice qui a attendu longtemps longtemps en soupirant pour une petite vite.
Aimer comme un sultan qui en aime déjà dix qui a cinquante marmots mais bien plus de chameaux.
Aimer comme un enfant tout ou rien tout de suite. Admirer ses parents mais avoir peur du noir.
Aimer comme un capitaliste. Investir le profitable. Avoir des valeurs sans principes et la franchise monayable.
Aimer n’importe qui se chercher une histoire pour contrer l’ennui morne de soi-même.
Aimer comme un pied qui à force de se frotter cause l’usure maligne et fait pousser la corne au coeur.
Aimer en  fonctionnaire entre deux congés de maladie garder son ancienneté sans heure supplémentaire.
Aimer comme un beau crosseur sans détour fourrer comme une machine jouer au salaud joueur  de tours.
Aimer comme un douanier posté aux frontières du sensible qui tamponne et taponne blindé dans sa cabine.
Aimer comme un vautour carnassier des coeurs morts vautour contre vautour s’arracher des lambeaux d’amour.

Aimer. Aimer
Ben c’est pas tout d’aimer hen !
Faut savoir comment
Pis moé pis moé, moi je t’aime chaque jour différement
j’accepte tes rengaines, tu me pardonnes souvent
c’est un peu ça sûrement

aimer

 

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